Selon Balla Moussa Keïta, enseignant-chercheur à l’Université Général Lansana Conté de Sonfonia, la France détiendrait plus de 90 000 pièces et vestiges historiques provenant notamment des pays qu’elle a colonisés. Pour lui, la question de la restitution des biens culturels africains ne devrait pas être considérée comme une simple victoire politique ou diplomatique, mais plutôt comme un devoir moral et historique. Les objets emportés pendant la période coloniale appartiennent à des peuples aujourd’hui indépendants et ne devraient donc pas, selon lui, continuer à être conservés dans des musées étrangers, notamment en France.
L’enseignant-chercheur estime que la France disposerait aujourd’hui d’une quantité considérable d’éléments historiques, d’archives et d’objets liés à l’histoire de la Guinée, parfois même davantage que les institutions guinéennes elles-mêmes. Cette situation pose, selon lui, la question de l’accès des peuples africains à leur propre mémoire historique. La restitution ne devrait ainsi pas se limiter à quelques objets emblématiques, mais également concerner les archives, documents, manuscrits et autres biens culturels qui permettent aux nations africaines de mieux connaître et transmettre leur histoire.
Pour Balla Moussa Keïta, la restitution du crâne de Bocar Biro revêt une dimension particulièrement sensible. Il considère que décapiter un ancêtre, conserver son crâne comme trophée de guerre, puis le restituer des décennies plus tard comme un geste politique peut être perçu comme une véritable injure à la mémoire et à la dignité du peuple concerné. Au-delà de la portée diplomatique d'une restitution, il estime qu’il faut prendre en compte la souffrance historique, la dignité des peuples et le caractère symbolique des objets humains ou sacrés.
Au-delà du Coran associé à Samory Touré et du crâne de Bocar Biro, Balla Moussa Keïta rappelle que de nombreux autres objets, documents et archives liés à l’histoire de la Guinée demeurent encore à l’étranger. Pour lui, le débat sur la restitution doit donc s’inscrire dans une démarche plus large visant à permettre à la Guinée et aux autres anciennes colonies de récupérer, préserver et valoriser leur patrimoine historique. Cette démarche constituerait non seulement un acte de justice historique, mais aussi un moyen de renforcer la transmission de la mémoire aux générations futures.
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Bonne chance pour la suite