La Guinée est reconnue pour sa richesse culturelle et linguistique, avec une trentaine de langues nationales parlées à travers le pays. Pourtant, certaines d'entre elles sont aujourd'hui menacées de disparition. Dans la région de Boké, des langues comme le Landouma, le Balanta et le Nalou sont de moins en moins transmises aux jeunes générations. L'urbanisation, les mariages mixtes, la scolarisation en français et la domination de langues plus largement parlées contribuent progressivement à leur recul.

Pour les spécialistes du patrimoine culturel, lorsqu'une langue disparaît, ce ne sont pas seulement des mots qui s'éteignent. Ce sont aussi des récits, des chants, des proverbes, des connaissances sur la médecine traditionnelle, l'agriculture, la pêche et l'histoire des communautés qui risquent d'être perdus à jamais. Dans plusieurs localités, les derniers locuteurs âgés constatent avec inquiétude que leurs enfants et petits-enfants s'expriment principalement en soussou, en pular, en malinké ou en français.

Face à cette situation, des enseignants, chercheurs et acteurs culturels appellent à une véritable politique de sauvegarde des langues minoritaires. Ils proposent notamment leur documentation, leur enseignement dans les communautés concernées, l'enregistrement des récits des anciens et la création de contenus numériques dans ces langues. Préserver le Landouma, le Balanta, le Nalou et d'autres langues nationales, c'est préserver une partie essentielle de l'identité et de la mémoire collective de la Guinée.

Commentaires
Aucun commentaire pour le moment. Soyez le premier à réagir.